Comment leur donner envie de lire…

| 15 avril 2018 | 0 Commentaire
Dans Les dix droits du lecteur, un hymne à la lecture signé Daniel Pennac, il y a le droit de ne pas finir un livre, de lire n’importe quoi ou encore le droit de lire n’importe où. Lire, c’est la liberté, et ce n’est pas toujours facile de transmettre cette idée à ses enfants…

« On peut baigner dans la lecture et avoir un enfant qui ne lit pas », déclare d’emblée Sophie Marotte de l’association Lire et Délire. Le contraire – des parents qui n’aiment pas lire et un enfant qui passe son temps dans les bouquins – est tout aussi probable. Il n’y a pas de formule magique et il y a autant d’enfants que de lecteurs, comme chez les adultes d’ailleurs. Le goût de la lecture ne s’impose pas mais il s’éveille, se partage, se nourrit et s’entretient.

Désacraliser le livre
« Avant d’être une histoire, le livre est un objet qui doit devenir familier », assure Sophie Marotte. En plastique, en mousse, en tissu, en carton, les bébés peuvent les manipuler dans tous les sens, voire les dévorer au sens propre du terme. « Les tout-petits adorent marcher avec un livre dans les mains. Ce n’est pas grave s’ils le tiennent à l’envers. »
Mais se libérer de l’idée, ancrée dans notre culture, qu’un livre est sacré et réservé à une élite, ne va pas de soi. Pourtant, « un livre doit vivre et s’user », insiste Sophie Marotte qui en fait l’expérience dans l’espace lecture qu’elle anime.
Et l’histoire alors ? « Pour accrocher les tout-petits, je leur propose une lecture animée avec un objet, explique Florence Drouet, bibliothécaire. Pour Le bateau de Monsieur Glouglou, j’ai construit un bateau. Ensuite, je fais le lien entre le bateau et le livre. » Pas de panique. Les parents n’ont pas besoin d’un diplôme d’architecte naval pour lire des histoires. Un jouet peut faire l’affaire. « Ce qui est important, c’est de privilégier le triangle – enfant, livre, adulte – et de créer des habitudes de lecture dès le plus jeune âge », continue la bibliothécaire.
La non-maîtrise de la langue n’est pas un obstacle non plus. « Les albums sans texte et les livres-comptines permettent de raconter des histoires sans avoir besoin de lire », remarque Florence Drouet.

La clef, c’est la lecture à voix haute
Lui raconter des histoires à voix haute est une évidence… tant qu’il ne sait pas lire tout seul. Mais « on a tort de le laisser se débrouiller seul à partir du moment où il sait lire », remarque Anne Loyer, auteure jeunesse. D’autant que lire avec la ponctuation est un apprentissage qui nécessite une pratique orale. Passer à côté, c’est prendre le risque de lire tout droit et un texte sans rythme, quel ennui ! C’est le moment d’inverser le rôle. À l’enfant de lire à l’adulte. Pour lui, c’est valorisant, pour l’adulte ça perdure le rituel de la lecture du soir, qui ne va pas durer éternellement.
Et après ? Ils ont beau savoir déchiffrer le texte sans l’aide d’un adulte, certains enfants aiment toujours entendre des histoires. « J’ai commencé à lire à voix haute Harry Potter à mon aîné quand il avait 8 ans », explique Marianne Le Duy. Aujourd’hui, ses garçons ont 13 ans et 9 ans. « Je viens de commencer avec eux la série Jonah. Ça s’est fait naturellement. C’est un rendez-vous que l’on apprécie tous les trois. »

Le plaisir se conjugue avec liberté
Il est facile de transmettre un plaisir que l’on éprouve soi-même. Dans le cas contraire, ça sonne faux. Mieux vaut alors déléguer la mission de donner le goût de la lecture à une tierce personne. Les bibliothèques sont des lieux vivants où l’enfant peut varier les plaisirs à sa guise. Un livre le dérange ? Il le fait savoir. Un autre lui fait peur ? Il en redemande. Il préfère une histoire à l’eau de rose ? Après tout, c’est reposant. Les adultes en font bien autant.
Au collège, ça se corse, la lecture étant, pour certains parents, synonyme de réussite scolaire. « Il faut dissocier le livre de l’activité scolaire, analyse Sylvie Gracia, éditrice aux éditions du Rouergue. L’injonction des professeurs et des parents, ça ne marche pas. »
Quant à la lecture, elle ne se limite pas à celle de romans. D’autres voies sont possibles. « Souvent des parents me demandent des romans pour leur enfant, en regrettant qu’il ne lise que des BD, constate Florence Drouet. À chaque fois, je leur rappelle que lire des BD ou des documentaires, c’est aussi lire et ça développe tout autant le goût de la lecture.

CHIFFRE-CLÉ

Parce qu’elle souhaite favoriser les moments de lecture en famille, la FCPE est partenaire de longue date du Prix des Incorruptibles, 1er prix de littérature jeunesse décerné par les jeunes lecteurs eux-mêmes, de la maternelle au lycée. Pour participer, le principe est simple : on s’abonne pour recevoir les albums et romans sélectionnés, on lit et on vote !

Catégorie: Activités Nationales

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