Cergy, le 7 avril 2005
"A quelques semaines du référendum sur la constitution européenne le Ministère de l’Education Nationale s’engage dans une lamentable opération de propagande électorale. Ainsi de concert avec la Commission Européenne, elle vient de faire parvenir à tous les lycées de France une plaquette vantant les mérites de la future Constitution Européenne à destination des seuls élèves de Terminale, autrement dit seuls les intéressent ceux qui ont le droit de vote.
Développer l’esprit civique, connaître et approfondir les outils démocratiques dont notre pays s’est doté depuis la Révolution Française, promouvoir le droit de vote et valoriser la longue marche des femmes pour l’égalité, autant de sujets qui doivent être abordés à l’école. Et ce dès le plus jeune âge.
Fidèles à nos valeurs, nous serions les premiers à féliciter les auteurs d’une telle initiative, s’il s’agissait de promouvoir la citoyenneté nationale, européenne ou mondiale, mais il n’en est rien. Il s’agit au mépris d’un minimum d’objectivité, d’esprit critique et du respect de la neutralité de l’enseignement en matière de positionnement politique, de marteler l’esprit des lycéens sur les seuls bienfaits supposés et à venir d’une constitution pourtant très contreversée.
Il ne faut pas confondre enseignement et propagande. A ce référendum, comme à toute échéance électorale, la FCPE ne prend pas position et demande que la neutralité de l’école et de leurs enfants soit respectée. Les parents d’élèves du Val d’Oise, demandent à l’Etat et à ses agents de ne pas se livrer à ce type de manipulations indignes d’une démocratie.
Oui, M.FILLON aurait été mieux inspiré de s’abstenir. D’un côté il matraque et sanctionne les lycéens qui font usage de leurs droits de citoyens et par ailleurs, il tente de les manipuler par cette opération politicienne à grande échelle. Si la citoyenneté des lycéens préoccupe à ce point le Ministère de l’Education Nationale, alors qu’il ouvre réellement l’écoute et le dialogue avec les lycéens, et qu’il respecte l’opinion de l’immense majorité de la communauté éducative qui s’était prononcée contre son projet de loi."
Manuel ALVAREZ Président de la FCPE95



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