Déclaration liminaire de la FCPE 95 au Conseil Départemental de l’Education Nationale du 15 décembre 2005

mardi 24 janvier 2006
par fcpe du Val d’Oise
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CDEN du 15 /12/2005

Déclaration de la FCPE du Val d’Oise

Monsieur le Préfet,
Madame l’Inspectrice d’Académie,
Mesdames et Messieurs les élu(e)s
Mesdames et Messieurs les représentant(e)s

Le CDEN de ce jour doit entendre les propositions de l’Académie tant en matière d’orientation que de carte scolaire. Ce sont là, pour notre département, deux sujets de première importance qui se retrouvent au cœur de l’actualité car au centre des enjeux pour l’avenir de nos enfants.
Nous attendons donc que l’Education Nationale et la communauté éducative prennent la mesure des besoins de notre département, et permettent par les ambitions affichées, mais aussi par les moyens mis en place, que les élèves d’aujourd’hui et de demain puissent enfin avoir une scolarité épanouissante, des qualifications reconnues pour accéder à des emplois valorisants.
Pour cela nous aimerions savoir comment la réduction annoncée des ZEP, avec ce que cela implique comme diminution des moyens d’enseignement dans les secteurs concernés , la diminution également d’éléments de motivation pour les enseignants directement touchés ; mais aussi comment, plus généralement, la réduction également annoncée du nombre d’enseignants en secondaire, l’insuffisance des postes créés en élémentaire, et plus globalement la domination sclérosante de la rationnalisation budgétaire, comment tout cela peut concourir à la réussite scolaire pour ne pas parler de réussite éducative.
Nous tenons à rappeler qu’en septembre 2005 comme en septembre 2004 ce sont plusieurs centaines d’élèves, sortants de troisième, qui n’ont trouvé aucune affectation dans l’enseignement professionnel (CAP, BEP, CFA), faute de places. Ramener l’apprentissage à 14 ans, même endimanché, ne créera pas de places dans des établissements qui n’existent pas, pas plus que la volonté des entreprises d’ouvrir leurs portes et leurs connaissances à nos jeunes.
Nous savons que parmi ces élèves sans avenir scolaire et donc professionnel, plusieurs dizaines d’entre eux n’ont pu voir leur projet aboutir du fait de leur nom et/ou de leur lieu d’habitation ! Nous avons également constaté que dans l’enseignement général et technologique, des élèves de seconde ont été contraints de redoubler cette classe dans leur établissement du fait des effectifs trop chargés des classes de première. Des élèves entrant en seconde ont été affectés dans des lycées hors de leur secteur sans que le manque de moyens de transports entre leur domicile et leur établissement scolaire ait été pris en considération. Comment s’étonner alors de retrouver nombre de ces jeunes en souffrance dans tous les parcours qui mènent jusqu’au violences urbaines.
Or nous ne voyons rien dans les mesures annoncées par Monsieur le Ministre qui puisse répondre à leurs besoins.
Bien sûr il faut donner plus à ceux qui ont le plus de besoins, nous le réclamons de longue date, mais pas au détriment de ceux nombreux, très nombreux, qui en équilibre sur un fil ont besoin également de soutien pour ne pas basculer dans l’échec. Or en créant 1000 postes mais en en supprimant 3500 le gouvernement affiche sa vraie « ambition » : moyens constants, externalisation de la prise en charge des difficultés, contournement de la carte scolaire au mérite (comme les bourses du même nom). On enterre ainsi deux principes, celui d’une école publique principal moteur d’un ascenseur social décidément en panne, et celui d’une école pour tous par l’ambition de brassage et d’égalité de traitement cimentant notre république.
Plus prosaïquement, Madame l’Inspectrice, lors du dernier CDEN, nous vous disions notre inquiétude. Nous ne pouvons hélas que vous le confirmer devant les situations que nos adhérents nous font connaître : des établissements secondaires aux budgets de plus en plus resserrés et pour certains plus que précaires ; des enseignements mal en point par manque d’heures pour opérer les dédoublements nécessaires ou par manque d’enseignants ; des postes E, des postes G, des psychologues non remplacés pour l‘année. Comment ne pas penser que les RASED sont voués à disparaître quand on voit dans quelle situation d’asphyxie on les place. Et je ne veux pas m’étendre sur les postes EAVS que certains, par manque de solutions plus positives, voudraient cantonner à des fonctions sécuritaires.
Et les élèves dans tout ça, où est leur réussite éducative ?

Pour nous faire croire, au vu des annonces diverses - « apprentissage à 14 ans » et « Projet de Réussite Educative » notamment, que la réussite de nos enfants est hors du champ scolaire, on ne s’y prendrait pas autrement !

Pour notre part, parce que notre conception de l’école publique épouse notre conception de parents co-éducateurs nous pouvons vous assurer, Madame l’Inspectrice, de notre volonté, de notre tenacité parfois, à participer à toutes les initiatives qui pourront permettre de faire avancer, ne serait-ce que d’un pas, l’école publique à laquelle nous continuons de rêver, car comme pour nos enfants, ce sont les rêves qui nous motivent et nous donnent de l’ambition.


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