Déclaration liminaire FCPE au CDEN du 17 octobre 2005
Monsieur le Préfet
Madame l’Inspectrice D’Académie
Monsieur le Président de la commission de l’Education
Mesdames et Messieurs les représentants des collectivités locales
Mesdames et Messieurs.
A en croire les instances de l’Académie la rentrée s’est déroulée sans problème majeur.
C’est une fausse bonne nouvelle.
La rentrée s’est techniquement déroulée dans le calme du fait de la capacité du recteur à gérer les moyens dont il disposait.
Pour éviter la contestation, les inspecteurs d’Académie ont été invités, dès la rentrée, à puiser des postes dans les moyens de remplacement quitte à reporter les difficultés.
La FCPE, les conseils locaux se sont mobilisés et se mobilisent.
Leur mobilisation a permis d’obtenir des résultats.
Les non-fermetures ou les ouvertures ont été gagnées grâce au combat des parents.
Il n’y pas de fatalité.
Cependant, la FCPE n’est pas dupe : les conséquences du budget alloué à l’Education Nationale sont visibles dans les établissements scolaires.
Par exemple, les postes récupérés dans l’élémentaire le sont au détriment de la scolarisation en maternelle. On constate que les moins de trois ans sont de moins en moins scolarisés. D’ores et déjà des enfants nés en 2002 n’ont pas été accueillis. (Plusieurs cas à Argenteuil)
En élémentaire le manque de prévisions dans la gestion des effectifs a provoqué la multiplication des classes surchargées. Beaucoup de classes de double niveau ont été mises en place, et ce sans but pédagogique.
La pénurie d’enseignants amène soit à rendre minimal l’enseignement des langues étrangères pourtant obligatoire dès le CE2 : très souvent, les élèves ne bénéficient pas des deux fois 45 mn prévues au programme et/ou n’ont pas le choix de la langue étudiée
En outre, que ce soit dans le premier ou le second degré, les postes débloqués en urgence l’ont été sur le contingent des remplaçants. La situation sera certainement très tendue dès l’apparition des premières absences.
Déjà il y a un manque d’enseignants dans certains disciplines.
Plus que jamais de nombreux élèves ont fait les frais d’une offre d’orientation contrainte par la mise à disposition de moyens en baisse.
Certains d’entre eux n’ont pu obtenir la filière de leur choix dans l’enseignement professionnel ou technologique sans pour autant bénéficier dans leur collège d’origine du redoublement de droit se retrouvant à la rentrée sans affectation ou obligés d’accepter une affectation par défaut imposée.
D’autres élèves ont été affectés dans la filière choisie mais doivent faire face à des temps de transports journaliers très importants.
Sur l’Est du département plus de 400 élèves non pas eu d’ affectation par manque de places dans les filières professionnelles.
Une lettre d’information de l’Académie publiée en juin 2005 note que la session 2004 du baccalauréat est un moins bon cru que la session 2003.
Deux inspections générales constatent, dans un rapport remis au Ministre de l’Education Nationale que l’Académie de Versailles souffre de résultats scolaires « préoccupants ».
Le document souligne d’ailleurs la dégradation des résultats au collège et la faible réussite au baccalauréat.
Dans le même temps l’académie de Versailles réduit, dans le Val d’Oise la DGH des lycées de 1600 heures hebdomadaires en 2004 , celle des collèges de 1400 heures en 2005 .
Comment, dans ces conditions, lutter contre l’échec scolaire !
Comment croire, dans ces conditions, à une volonté politique d’égalité des chances ?
La FCPE dénonce une gestion comptable des élèves qui aboutit à une déshumanisation des rapports entre l’Education nationale, les élèves et les familles.
La loi d’orientation n’a cherché à régler aucun de ces problèmes pourtant mis en avant lors du débat national sur l’avenir de l’école.
Au-delà du cadre législatif, la FCPE exige que l’Education des enfants et des jeunes, et les moyens y afférent, soit une priorité de la Nation.


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