Compte rendu de la réunion avec le Recteur de l’Académie de Versailles
Jeudi 16 octobre 2003
Toutes les fédérations de parents d’élèves étaient invitées à cette audience.
Le Recteur nous a proposé de dresser un bilan de la rentrée : pointer ce qui mériterait d’être amélioré et échanger sur la préparation de la rentrée prochaine.
Il se félicite d’une rentrée techniquement réussie, bien que les problèmes de gestion des personnels demeurent
La FCPE intervient sur les dysfonctionnements constatés :
Les procédures d’affectations des élèves et les limites des logiciels informatiques PAM et SPA dont l’objet est de gérer les affectations post 3ème.
Les postes non-pourvus à la rentrée : blocs horaires, remplacements des congés maternité, disciplines déficitaires (en lycées professionnels notamment).
Sur les procédures d’affectations post 3ème
La FCPE donne quelques exemples de situations d’élèves sans affectation à la rentrée, soit des élèves ayant échoué au bac ou au BEP, soit des élèves ayant obtenu leur BEP ou CAP et à qui le système éducatif ne propose rien (ex. CAP art graphique au Lycée Garamont de Colombes).
Les chefs d’établissement en charge du suivi et de l’affectation de leurs élèves n’ont pas su utiliser le logiciel PAM (devant effectuer les premières affectations) et le logiciel SPA (suivi post-affectation) qui devaient tenir à jour une liste de places disponibles dans les établissements (lycées généraux, technologiques et professionnels). De réunions collectives en entretiens particuliers les élèves et leurs familles ont dû souvent effectuer seuls le "parcours du combattant".
La FCPE demande au Recteur si il souhaitait ainsi gérer les affectations sans faire appel aux conseillers d’orientation psychologues et au CIO.
Le Recteur explique que certains chefs d’établissement n’ont pas su correctement utiliser les outils informatiques qui par ailleurs n’étaient pas suffisamment performant pour gérer l’ensemble des données.
Les mouvements sociaux du dernier trimestre ont été un obstacle à l’organisation des réunions d’affectation traditionnellement organisées et à la formation et l’information des chefs d’établissement.
Le Recteurs propose la création d’un comité d’usagers dans lequel les parents d’élèves auraient leur place pour avoir une meilleure lisibilité des procédures d’affectation et proposer des améliorations nécessaires (adéquation entre les demandes, les affectations, les situations géographiques et les réseaux de transports en commun).
Sur les postes non-pourvus
Le Recteur déplore une disparité entre les départements. Les professeurs demandent plus souvent une affectation dans les Hauts-de-Seine et les Yvelines, l’Essonne est également demandée, mais le Val d’Oise a du mal à recruter.
Le rectorat dispose d’une liste de professeurs "remplaçants" (vacataires, remplaçants titulaires ?) mais ne peut décider de rayer de sa liste les professeurs qui refusent un poste.
En ce qui concerne la gestion des congés maternité, le Recteur a été surpris de découvrir que le logiciel informatique n’était pas conçu pour conserver en mémoire, pour la rentrée scolaire, suivante un congé maternité signalé en juin.
Du fait des mouvements sociaux, le rectorat a pris beaucoup de retard dans les affectations des professeurs (le mouvement a été terminé fin juillet). Fin août les services du Rectorat effectuaient encore des affectations des titulaires remplaçants, travail qui aurait dû être terminé en juillet.
A ce constat s’ajoute le fait que l’académie a enregistré beaucoup de départs mais aussi beaucoup d’arrivées de nouveaux enseignants.
La situation a en effet été très tendue à la rentrée.
Concernant le recrutement des personnels administratif, en revanche, nous devrions constater une amélioration du fait des procédures de recrutement avancées en juin.
Le bilan de la reprise des 1% sur les dotations horaires des collèges et lycées
Le Recteur note avec satisfaction que les chefs d’établissement ont volontiers "joué le jeu", ainsi en moyenne 1% des dotations ont été rendues et certains établissements allant jusqu’à rendre 2,5 % ! Cette économie a permis d’assurer la rentrée et les remplacements à venir.
Le recteur s’interroge sur la nécessité de conserver certaines options qui "consomment" beaucoup d’heures pour peu d’élèves. La multiplication d’options tue d’autres options (enseignement à faible effectif), il souligne que plus on éparpille les enseignements optionnels dans un lycée, plus constate une diminution des résultats au bac.
Le recteur propose que nous réfléchissions à développer des pôles spécifiques dans les bassins : langues, sciences ?.
La FCPE souligne que les choix d’options des familles correspondent aussi à des stratégies d’évitement. D’autres établissements peu attractifs sont obligés de développer des enseignements optionnels particuliers pour faire face à la concurrence d’autres lycées. Enfin des lycées privilégient une organisation permettant de transmettre à d’autres établissements les élèves jugés les plus en difficulté et garder les meilleurs.
La FCPE souligne (avec l’UNAAPE) que les effectifs par classe dans les lycées ont sensiblement augmentés et que le retrait de 1% des DHG n’a pas permis d’améliorer les conditions d’étude des élèves (+ de 35 élèves par classe dans des lycées du 95).
Les Sections d’enseignements pré-professionnels adaptés (SEGPA)
La FCPE 92 souligne que 50 % des SEGPA du département ne dispensent pas la totalité des heures d’enseignement dues à ces élèves.
Le Recteur fait part de ses difficultés à recruter des enseignants, mais pense que la situation s’est quand même améliorée.
Il propose que cette question importante fasse l’objet d’une rencontre spécifique ultérieurement.
Les assistants d’éducation
Le Rectorat a obtenu 1.324 assistants d’éducation (équivalents temps plein - ETP)
| Attribution des A.E. | ETP |
|---|---|
| Auxiliaires vie scolaire (AVS) intégration individuelles 1er degré | 168,5 |
| AVS - 1er degré - intégrations collectives | 46,5 |
| Assistants d’éducation 1er degré | 202 |
| AVS - 2nd degré - intégrations individuelles | 32 |
| AVS - 2nd degré - intégrations collectives | 50 |
| Assistants d’éducation 2nd degré - surveillance | 676 |
| Assistants d’éducation 2nd degré - projets d’établissement | 22 |
| Assistants d’éducation pour les remplacements d’A.E. | 127 |
| TOTAL | 1.324 |
1.200 personnes physiques ont été recrutées pour couvrir 900 ETP.Une centaine de dossiers sont en cours d’instruction soit 1.300 personnes pour couvrir 1.000 ETP.
Le Recteur confirme des inégalités académiques, certains départements sont mieux dotés que d’autres (vivier local plus important, transports plus simples et proximité parisienne).
Le recteur explique que les "anciens surveillants" (MI-SE) étaient recrutés puis affectés dans les établissements et que pour les Assistants d’éducation le processus est inversé.
Pour répondre à une question de la FPCE il précise que tous les MI-SE recrutés ont été affectés dans les établissements et que la quasi-totalité des assistants d’éducation sont des jeunes étudiants.
Il précise cependant que le recrutement s’effectue sous la responsabilité du chef d’établissement.
Il n’est pas question de remplacer le départ d’un surveillant à mi-temps par l’embauche d’un assistant d’éducation à temps complet. La FCPE souligne cependant que certains établissements ont fait des demandes spécifiques de renforcement des équipes de vie scolaire, non satisfaites, et que l’embauche d’un A..E a temps complet aurait pu améliorer la situation.
Le Recteur rappelle qu’il souhaite que les contrats des A.E. soient conclus pour une durée de 3 ans comme le prévoit le décret. La FCPE souligne que ce n’est pas ce que disent certains chefs d’établissement où le recrutement s’effectue sur la base de l’année scolaire.
La FCPE s’étonne aussi que les embauches soient effectives au lendemain des votes des Conseils d’administration, sans qu’il y ait eu de contrôle de légalité des délibérations. La FCPE s’étonne également que les membres des C.A. doivent autoriser le proviseur à procéder à de nouvelles embauches d’A.E. sans passer par le conseil d’administration. Le Secrétaire général du rectorat souligne qu’il faut alléger les procédures administratives pour pourvoir au remplacement rapide des A.E. malades ou démissionnaires.
Projection sur l’avenir
La FCPE 91 s’inquiète de l’adéquation entre le nombre des professeurs et les effectifs des établissements scolaires.
Le Recteur reconnaît qu’il y aura des difficultés liées aux départs importants de professeurs dans certaines disciplines et l’insuffisance du nombre d’étudiants dans ces mêmes disciplines en particuliers technologiques et professionnelles. Il faudrait effectuer des recrutements ciblés pour couvrir les besoins spécifiques en Ile-de-France.
Dans certains cas - ex. géomètre - il y a nécessité de recrutements nationaux, c’est-à-dire que ces professeurs pourraient être affectés sur le territoire national.
La solution résiderait dans l’amélioration de l’accueil des nouveaux enseignants et leur fidélisation. Le Recteur souligne cependant que l’académie est un exemple national pour la mise en place des tutorats et des modules spécifiques de formation pour les enseignants arrivant de province par exemple.
Les fédérations de parents d’élèves insistent sur la nécessité de modules de formation à l’IUFM pour aider les professeurs à mieux percevoir des spécificités des élèves auxquels ils devront enseigner. Le Recteur répond que ce métier s’apprend surtout face aux élèves d’où l’importance des tutorats.
La FCPE 92 souligne cependant qu’il y a un module d’un an en psychologie pour les enseignants à l’IUFM et que tout ne peut pas s’apprendre dans les livres. Ce qui est important c’est le partage d’expériences et la mise en relation entre les professeurs et les équipes éducatives (infirmières, assistantes sociales, conseillers principaux d’éducation).
Questions diverses
L’UNAAPE et la PEEP déplorent que les manuels scolaires des terminales soient retirés aux élèves avant le bac, les empêchant ainsi de réviser. Ils ne sont pas satisfaits de la mise en place de la gratuité des manuels scolaires dans les lycées par le Conseil Régional.
La PEEP signale au Recteur que certains établissements réclament des chèques de caution qui sont illégaux et s’interroge sur le contrôle de certaines délibérations des conseils d’administration des établissements opérés par les services du Rectorat.
Pour répondre à une question de l’UNAAPE le Recteur signale que certains BTS fonctionnent en sous-effectifs, alors que ces formations consomment beaucoup d’heures. Il réaffirme que toute nouvelle ouverture de classe de BTS doit être conditionnée à la fermeture d’une autre division de BTS.
La FCPE 78 demande un débat sur la mise en place des bac pro en 3 ans. Le Recteur propose que ce point spécifique soit traité dans un autre cadre.
Le débat sur l’école
Le 15/11 le ministère éditera un document de 4 pages qui donnera la synthèse du diagnostic. Le document complet de 120 pages sera disponible sur le site du ministère. Dans le même temps, la commission Thélot produira 20 (ou 23) fiches thématiques pour orienter les débats locaux.
Deux types de débats devront s’organiser : en interne (dans les établissements) et en externe (dans les arrondissements).
Entre le 17/11 et le 15/01/04, dans les établissement, deux demi-journées seront banalisées (un mercredi après midi et/ou un samedi matin). La 1ère demi-journée pour étudier le diagnostic et la seconde demi-journée pour débattre autour d’un ou deux thèmes à partir des fiches thématiques de la commission Thélot.
L’objectif est de réaliser une synthèse de ces réunions qui seront centralisées sur le site.
Les réunion externes seront organisées conjointement par les sous-préfet, les élus locaux, les associations ?(150 personnes maximum dans ces réunions).
La synthèse des débats sera consultable sur le site à partir du 15 mars, puis il y aura rédaction de la loi d’orientation qui sera votée à la fin de l’année 2004.
Le Recteur nous signale que toute contribution personnelle est possible.


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