Sur toute sa scolarité, un enfant perdrait l’équivalent d’un an de cours en absences de professeurs non remplacés, d’après l’Inspection générale de l’Education nationale. Pour dénoncer cet état de fait, la FCPE a lancé le site Internet Ouyapacours depuis http://www.fcpe.asso.fr/ouyapacours/
Un outil simple à utiliser
Qu’il s’agisse d’un professeur absent quelques heures ou quelques jours ou encore d’une interruption des cours plus longue, un formulaire correspond à chaque situation. Les parents d’élèves doivent indiquer le département, la ville, le nom de l’établissement ainsi que la matière qui n’a pas été assurée et le nombre d’heures de cours perdues. Il n’est pas nécessaire de renseigner son identité – une adresse mail suffit – ni celle du professeur concerné.
Le travail de dépouillement va être important. Les formulaires seront triés automatiquement par département et adressés à l’antenne locale concernée. Une synthèse sera ensuite effectuée, dont les résultats seront remis par chaque antenne départementale à l’inspecteur d’académie. La FCPE va élaborer dans un second temps une synthèse à l’échelle nationale des remplacements non assurés. Elle souhaite la présenter au ministre de l’Education pour qu’il remédie à ces insuffisances et renonce aux suppressions de postes d’enseignants.
Quel est donc le véritable objectif du site Ouyapacours ?
Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, explique la démarche : « Plus que de prévenir des absences, nous dénonçons la politique gouvernementale d’abandon des remplacements et nous réclamons la transparence. Ce site va nous permettre d’établir des listes de carence et chaque semaine, les fédérations départementales de la FCPE présenteront des cahiers de doléances aux inspections d’académie locales afin qu’ils nous proposent une solution. Car l’Etat se doit d’assurer les heures minimum de cours aux élèves. »
10% des heures de cours non-assurées sur un an
La FCPE Seine-et-Marne a donc mené son enquête. Sur une classe de quatrième du collège Nicolas Fouquet à Mormant, 10 % des heures de cours n’ont pas été assurées en un an :
« La situation est dramatique. Et encore nos chiffres ne représentent que la partie submergée de l’iceberg. Le rectorat connaît forcément le nombre d’heures mais il ne veut pas les communiquer. Car si ces chiffres étaient publiés, ils montreraient qu’il faut arrêter de supprimer des postes mais en créer. .. En supprimant des postes, ils ont créé ce problème de carence. C’est l’avenir de nos gamins que l’on sacrifie avec cette politique. »
Entre 2007 et 2010, plus de 50 000 postes supprimés dans l’Education nationale. Pour l’année 2009, 13 500 postes ont été supprimés dans le primaire et le secondaire. 16 000 le seront en 2010, comme l’avait annoncé Xavier Darcos, ancien ministre de l’Education, dans un article de La Tribune, le 24 juin 2009.
Sauf que l’effectif des élèves augmente : 16 000 de plus au collège pour la rentrée 2009 et 17 000 en primaire. Par conséquent, une partie des remplaçants sont affectés aux postes supprimés. C’est la cas en Charente, où il n’y a plus de remplaçants disponibles, ou encore dans le Vaucluse, où ces derniers sont en carence dans cinq disciplines. Autre problème : les postes de remplaçants sont également visés par le grand nettoyage de l’Education nationale. En 2009, 3000 ont été supprimés dans le secondaire.
http://www.rue89.com/2009/09/24/ouy...
http://www.01net.com/editorial/5065...
http://www.lemonde.fr/societe/artic...




Commentaires