Projet de réforme du lycée

mercredi 29 octobre 2008
par Sylvie Fromentelle
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Une nouvelle classe de seconde devrait voir le jour dès la rentrée 2009 (la nouvelle première en 2010 et la terminale en 2011).Cette réforme prévoit notamment 30 heures de cours hebdomadaires dont 21 heures. d’enseignements généraux auxquels s’ajoutent des modules d’exploration et approfondissement ainsi que des modules de soutien.

Un tronc commun serait bâti pour tous les élèves, dans lequel on trouverait ces enseignements généraux : français, mathématiques, histoire-géographie, sciences expérimentales, deux langues vivantes et éducation physique.

Les enseignements complémentaires seront divisés en deux types de modules :

Les modules « d’exploration et approfondissement" - options de 2 fois 3 heures à choisir entre quatre dominantes : humanités, sciences, sciences de la société et technologies

Les modules d’accompagnement « personnalisé » : 3 heures de soutien scolaire, conseils d’orientation, travail interdisciplinaire.... L’année sera divisée en deux semestres, afin notamment de pouvoir permettre aux lycéens de changer de modules au milieu de l’année. La semaine séparant ces deux semestres sera consacrée au bilan d’orientation pour les élèves. La physique-chimie et les sciences naturelles ne sont plus mentionnées mais regroupées dans un module « sciences expérimentales). Il n’est plus fait référence à l’éducation civique.

Après la seconde…

Le rythme devrait aussi passer à vingt-sept heures de cours par semaine, de la seconde à la terminale, contre vingt-huit à trente-cinq heures hebdomadaires auparavant. Les enseignements de première et de terminale seront également divisés en trois : 45% pour le tronc commun, 45% pour les modules exploratoires, et 10% pour les modules d’accompagnement.

L’histoire-géographie et les mathématiques disparaitraient du tronc commun après la seconde. La philosophie en revanche, qui pourra débuter en option dès la première, reste dans le tronc commun.

Les filières supprimées

Les filières scientifique (S), économique et sociale (ES), et littéraire (L) seront supprimées, et remplacées par quatre "dominantes" :

Humanité et arts, Sciences, Sciences de la société, Technologie.

Le principe des modules permettra d’en changer plus librement en cours d’année ; le redoublement n’est plus mentionné..

Le calendrier
- Rentrée 2009 : nouvelle Seconde
- Rentrée 2010 : nouvelle première
- Rentrée 2011 : nouvelle terminale
- Juin 2012 : première session du nouveau Baccalauréat.

Les enfants actuellement scolarisés au collège en classe de 3ème seront les premiers à expérimenter ce dispositif !

Les risques encourus :

- Un appauvrissement de la formation du fait de la disparition de certaines disciplines du groupe des matières obligatoires . SVT et Physique-Chimie, mais aussi Histoire-Géographie et SES deviendraient de simples options.

- L’obligation de faire des choix parmi les matières optionnelles du fait de la réduction des heures d’enseignement :Aujourd’hui entre 28 et 32 par semaine. Elles passeraient à 27 heures maximum.

- Un choix finalement réduit : en fait d’un enseignement à la carte, les élèves ne pourront choisir que les matières proposées par leur établissement. Et elles n’y seront jamais toutes ! C’est très simple : les établissements les plus riches proposeront le plus de choix !

- Une sélection de fait pour entrer dans un établissement du supérieur : on répondra aux élèves des établissements les moins bien lotis « nous ne pouvons pas vous prendre, il manque telle ou telle matière à votre formation ».

- Disparition du groupe classe : les modules que l’élève choisira ne dureront qu’un semestre. Il ne sera donc pas non plus dans tous les modules avec les mêmes camarades. Cela veut dire aussi qu’il changera de groupes au second semestre. Cela signifie aussi que les professeurs ne pourront pas le suivre sur toute l’année pour l’aider dans ses difficultés.

- Moins de professeurs et des classes plus chargées : La suppression conjuguée des séries et de la notion de groupe classe, permet de réunir pour l’enseignement des modules (en particulier des modules obligatoires), des élèves se destinant à des parcours très différents. Cela permet ainsi la généralisation des classes de 30 ou 35 élèves et permet ainsi la suppression massive programmée des postes d’enseignants (une suppression de 13 500 postes est prévue cette année). Les points obscurs

- L’existence de passerelles permettant la réorientation d’un élève suite à une difficulté ou à changement de projet d’orientation.

- La poursuite du parcours en cas de non obtention de plusieurs modules

- L’intégration dans le dispositif des élèves des années antérieures ayant suivi un parcours traditionnel.

- Le devenir de la filière technologique : les modules « technologiques » n’apparaissant que dans les modules optionnels.

- Le devenir du diplôme du baccalauréat

Nathalie Martin Vice-présidente CDPE 95 2e degré


Documents joints

Réforme des lycées
Réforme des lycées

Commentaires

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dimanche 2 novembre 2008 à 16h32, par  Troubadour

Ma petite expérience,
Elle s’appuie sur mon ainé dans sa 4ème année au Canada (au CEGEP) où ce type de formation est déjà en place.
Le premier point est que là bas le système démarre plus tôt dans le cursus scolaire (en première année de secondaire). Donc, les enfants sont rapidement en prise avec leur avenir dans le choix des modules, des options (à ces ages, il y a même des modules pour apprendre à gérer ses ressources personnelles, ...). Par contre, maintenant qu’il est au niveau de la terminal (bien qu’il y ait de grandes différences avec la terminale en France), mon ainé se retrouve avec des élèves dont la moyenne d’age est plus élevée qu’en France et d’assez loin.
Pour mon ainé, la découverte de ce système a été une surprise. D’un côté c’est un système moins contraignant, moins dur qu’en France, plus supportable. Mais de l’autre cela l’a poussé à trop de laxisme, de laisser faire.
En conclusion, mon petit constat, en mettant brutalement ce système en place en seconde sans avoir les moyens d’accompagner les élèves, cela correspond à déplacer plus tôt le prénomène de déscolarisation des enfants lors de la première année de faculté, phénomène que l’on connait malheureusement trop bien.

En ce qui concerne l’équivalent du bac, le Cegep, il s’agit de réaliser en deux années des modules en obtenant la moyenne de 60/100 pour acquerir chaque module et au final acquerir tous les modules de sa filière choisie par engagement à l’entrée au Cegep.

Donc, le "laxisme" qui est en fait l’apprentissage des bases et de la prise en main de sa vie entraine un écrémage à l’arrivée au Cegep, qui lui même réalise la sélection nécessaire qui fait que même s’ils y arrivent plus tard, les étudiants en Fac auront plus facilement tendance à y rester et le niveau des facultés Canadienne se tiennent très bien. Les Canadiens ne semblent pas avoir de soucis de "surdiplôme".

J’espère avoir été assez clair, ce n’est pas facile à expliquer en peu de mots sachant que c’est aussi nouveau (et lointain) pour moi !

Autre point, la disponibilité des modules dans un quartier, une ville une région se fait par l’intermédiaire des conseils d’administration très souvent présidés par des parents ou du moins où le poids des parents sur l’orientation, pas la pédagogie, mais le besoin en formation, est plus fort qu’en France.

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