La Fcpe du Val d’Oise appelle les parents à participer aux manifestations du 15 avril aux côtés des lycéens et des enseignants

samedi 12 avril 2008
par Manuel Alvarez
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Depuis plusieurs semaines, face aux dizaines de milliers de lycéens, enseignants et parents qui manifestent leur opposition aux projets de suppressions massives de postes et de BEP, le ministre de l’Éducation nationale reste sourd.

Les organisations de lycéens (UNL et FIDL) et les syndicats enseignants appellent à une nouvelle manifestation mardi 15 avril. Les parents d’élèves seront à leurs côtés pour réclamer le rétablissement des heures d’enseignement et des postes supprimés ou transformés en heures supplémentaires.

En effet, la FCPE refuse non seulement ces suppressions d’heures (plus de 2000 postes supprimés en région parisienne, 280 à Paris, 848 à Créteil et 974 sur l’académie de Versailles), mais également le recours systématique aux heures supplémentaires, aléatoires par définition, qui mettent en cause la pérennité des enseignements. C’est la désorganisation des établissements qui est en marche. C’est maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, qu’il faut s’y opposer. Nous sommes tous concernés car demain d’autres suppressions sont annoncées : la majorité des 35000 suppressions de postes prévues pour 2009 dans la fonction publique le seront dans l’Éducation Nationale. La FCPE exige des dotations en heures d’enseignement, des postes d’enseignants (et non des heures supplémentaires hypothétiques) qui permettent un fonctionnement normal des collèges et lycées et qui offrent aux élèves des conditions d’accueil et d’enseignement propices à leur réussite.

La FCPE partage aussi es inquiétudes des lycéens quant à la généralisation des bacs pros en 3 ans qui s’accompagne de la suppression massive de classes et de sections en BEP. Cette politique va conduire à l’exclusion des élèves les plus en difficulté les privant de l’espoir d’obtenir un diplôme qualifiant (BEP 2 ans) et même de poursuivre des études supérieures (BTS) après un bac pro en 4 ans. Les lycéens, les parents, les personnels de l’éducation nationale doivent être entendus.

La FCPE met en garde le gouvernement contre toute tentative de répression des lycéens engagés dans cette mobilisation légitime afin de préserver leurs intérêts et défendre leur avenir. Elle appelle à la vigilance contre toute forme de sanctions (éducatives, administratives) ou de répression policière ou judiciaire. Elle demande la libération des manifestants interpellés et la levée des procédures judiciaires en cours.

La FCPE rejette aussi la réforme de l’école primaire combinant la suppression de 2 heures d’enseignement transformées en heures de soutien, après l’école, pour les élèves rencontrant des difficultés, la réforme des programmes recentrés sur des fondamentaux appauvris, et les stages de remise à niveau (CM1-CM2) pendant les vacances. Elle appelle à en débattre avec les enseignants dans toutes les écoles, à signer massivement l’appel (au verso) des 19 organisations (http://www.programmesecoleprimairecopiearevoir.org/?petition=3), à se mobiliser contre les suppressions de postes, les fermetures de classes annoncées dans les départements et à rejoindre la manifestation du 15 avril, aux côtés des syndicats du 1er degré.

La FCPE appelle les parents à se mobiliser dans les établissements et à rejoindre les manifestations des lycéens et des enseignants mardi 15 avril.

Cergy, le 11 avril 2008


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Appel pour le 15 avril
Appel pour le 15 avril

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lundi 14 avril 2008 à 21h24, par  Yolande Besida

Témoignage d’un professeur. Au nom de la majorité silencieuse.
- Gâchis –

Jeudi 10 avril 2008.
Dix heures. Une barricade devant le lycée Camille Claudel, à Vauréal (Cergy-Pontoise), depuis l’aube. Debout sur les poubelles et les barrières du chantier voisin, des lycéens avec tambour et cônes de travaux en porte-voix : « C’est le blocus ». Avec eux aujourd’hui, des profs portant six silhouettes noires grandeur nature : les six postes supprimés au lycée pour la rentré 2008.

Devant, les jeunes qui étaient venus passer leur bac blanc et les devoirs communs, en masse. J’aperçois Louisiana, une de mes élèves de 2nde. D’elle comme de beaucoup, le Conseil de Classe avait été net début mars : « le troisième trimestre sera déterminant ». Neuf semaines afin de remédier aux lacunes qui s’accumulaient faute d’un travail assidu jusqu’ici, et de prouver ses capacités pour déterminer sereinement son redoublement, son passage, son orientation … Chadi et Alice sont avec elle, le même profil scolaire, forts depuis 4 semaines de quelques bribes de cours décousus, et de longues banderoles qu’ils font claquer au vent des manifs bon enfant : « Lycéens en danger » ! Le mouvement affiche défendre le bien des élèves ? Mais ce sont eux les premières victimes, à perdre des journées de cours dont ils ont tant besoin.

Par la porte de côté, des élèves et les profs passent tranquillement – Jeudi dernier, il fallait enjamber une jeune assise au travers, mais sans violence aucune. Je viens pour surveiller le devoir commun de mathématiques en Seconde. Des élèves errent dans les couloirs : les professeurs de maths ont pris les sujets, pour que l’épreuve n’ait pas lieu. Je croise une collègue outrée : ce matin, aux élèves de Terminale S qui avaient fait fi des sourires narquois de leurs camarades en grève, pour se faufiler et passer leur bac blanc de Sciences Physiques, les professeurs avaient dit : « Vous pouvez le faire, nous, on ne corrigera pas. » Les jeunes étaient repartis, dégoûtés. Les élèves et professeurs non solidaires du mouvement sont comme pris en otages, sans liberté aucune de travailler.

Dans la salle de profs, sur les blouses blanches, on dessine au marqueur des coeurs brisés et des éprouvettes explosives. J’ose critiquer le mouvement. - « Névrosée ! Sarkozyste ! Pétainiste ! »
J’insiste : un poste supprimé, ce n’est pas un prof licencié : déplacé seulement. Pourquoi nous réduire à l’état de potiches figées, incapables de mobilité ? - Huées.
Faire cours à une classe de 40 élèves, travailler sur plusieurs établissements, enseigner deux disciplines… Est-ce qu’on n’est pas capable de relever ces défis ? Pas facile, certes. Mais regardons cette énergie claquée à manifester : les difficultés permettent de se dépasser, on en a des ressources quand on veut ! - Réponses pessimistes, tristes : - Moi, j’ai enseigné dans 3 établissements à la fois. Impossible de travailler en équipe, ou de suivre personnellement chaque cas ! – Une prof de français élève la voix : « Je ne suis pas capable de donner un cours de math, même en collège : ce serait donner du caca aux élèves ». Derrière la résistance des professeurs aux suppressions de postes, contre « la dégradation des conditions de travail », il y a aussi un immobilisme avare de ses privilèges, une frilosité passéiste et négative. J’ai honte.

Dehors, les cortèges se préparent à manifester à Paris. Il y aura une centaine de lycéens de Camille Claude qui défileront. Ainsi qu’une trentaine de profs. Cela fait nombre, certes. Mais, sur les 1400 élèves et 140 enseignants de l’établissement, une toute petit minorité.

Yolande BESIDA
Professeur d’Histoire - Géographie - Education Civique Juridique et Sociale

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