Restauration scolaire de qualité pour tous : au Conseil Général le compte n’y est pas !

samedi 19 janvier 2008
par Manuel Alvarez
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Malgré la décision négative de la majorité du Conseil Général, le débat doit se poursuivre, relançons-le !

Depuis de nombreuses années, la FCPE demande la mise en place du quotient familial pour la cantine scolaire du second degré auprès du Conseil Général du Val d Oise, ceci après avoir rencontré tous les groupes politiques l’année dernière et avoir écrit à tous les conseillers généraux. Les réponses de ceux-ci sont consultables sur notre site. Poursuivant sa logique de tarification unique qui tire vers le bas la fréquentation et la qualité de la restauration, lors de la dernière séance plénière du Conseil Général le18 janvier dernier, l’exécutif de celui-ci a proposé une nouvelle tarification à deux niveaux. Ainsi un prix standard à 3 € et un prix bas à 1,55 €, pour tous les collèges du département à été mis à l’ordre du jour.

Cela ne répond absolument pas aux besoins et à l’ambition nécessaire pour la réussite scolaire de tous les élèves vald’oisiens que favorise ou pénalise la restauration.

Seuls les élus de la majorité ont voté pour, certains y compris nous le savons en trainant les pieds. Les élus de l’opposition comme ils nous l’avaient indiqué ont voté contre.

Le débat doit donc se poursuivre et nous attendons d’en connaître tous les attendus pour exprimer une opinion circonstanciée. Cependant nous pouvons dès maintenant dire que ce vote, qui va à l’encontre de notre conception de la solidarité nécessaire dans une collectivité de vie, va aussi à l’encontre des moyens nécessaires pour réaliser la réussite scolaire dont tous les enfants ont besoin. Cela interpelle fortement donc les adhérents FCPE tant dans leur dimension éducative que dans leur dimension citoyenne à l’approche des élections cantonales.

Car entendons nous bien, au-delà de la conjoncture électorale, il s’agit d’un débat de fond sur la mise en place d’une politique sociale ou non au service de tous les vald’oisiens.

Pourquoi ce qui a été mis en place dans la très grande majorité des communes et qui est en cours de réalisation dans les lycées, ne serait-il pas possible à faire dans les collèges ? Pourquoi ce qui est mis en place notamment dans le 92, 93, 94 et en cours de réalisation à la Région Ile de France ne serait pas possible dans le 95 ?

Aujourd’hui plus d’un collégien sur deux sont écartés de la restauration collective. Cela joue sur l’équilibre alimentaire de ces élèves, sur la concentration pendant le temps scolaire, sur la fréquentation des ateliers mis en place lors de la pose méridienne et sur bien d’autres paramètres encore.

La solidarité prend tout son sens lorsqu’elle profite à tout le monde, lorsque chacun y trouve son compte.

Et cela joue sur la réussite scolaire de tous les élèves. Comment peut-on travailler sereinement dans une classe quand certains souvent, une grande majorité parfois n’ont pas leur content alimentaire le midi ? Comment cela n’aurait-il pas de conséquences sur l’ambiance, les relations et donc le travail fourni par tous ?

Mettre en place cette solidarité dans le Val d’Oise suppose du Conseil Général, un investissement important pour augmenter de façon conséquente la qualité nutritionnelle et gustative des aliments proposés. Aujourd’hui la qualité n’y est pas avec 1,55€ dans l’assiette. Et nous refusons pour notre part, que l’ambition du Conseil Général en ce domaine, soit d’atteindre seulement le seuil minimum requis par l’étude d’UFC- Que choisir :1,70€. Cela en dit long sur la véritable ambition d’équité proposé par la majorité actuelle. D’ailleurs que vaudront ces 1.70€ en valeur absolue dans quelques mois compte tenu de l’inflation du prix des denrées alimentaires ?

Si nous voulons agir contre l’obésité, développer l’éducation alimentaire, et tout autant favoriser le travail scolaire, alors il nous faut une politique sociale plus ambitieuse pour le Val d’Oise.

Mettre en place un quotient familial signifie donc permettre à tous les élèves, quels que soient les revenus de leurs parents, de bénéficier de ce repas de qualité. Le quotient familial n’est pas une simple répartition du coût de la restauration entre les convives. Il est l’outil technique d’une politique sociale qui favorise ou pénalise la fréquentation de la restauration collective au collège. Ainsi pour la FCPE du Val d’Oise, il est hors de question de faire fuir une partie de ceux qui en bénéficient aujourd’hui, en voulant y faire rentrer de nouveaux demi-pensionnaires. Il est tout autant hors de question de maintenir exclus la moitié des collégiens du département. Pour joindre ces deux positions déjà liées solidairement par la réussite scolaire, le Conseil Général doit donc investir en conséquence au lieu d’opposer les populations du Val d’Oise.

L’investissement financier du Conseil Général doit être à la mesure de cette ambition. Il en a les moyens mais chaque conseiller général, qui vient de voter contre le quotient familial, vient d’en décider autrement et de poursuivre une politique d’exclusion. Cette décision invite en fait chacun de nous, dans nos cantons, à poursuivre ce débat tant dans les établissements scolaires que dans les urnes.


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