La question de l’organisation du temps scolaire apparaît dès la fin du XIXe siècle avec l’école de la IIIe République. Le calendrier scolaire annuel a longtemps été construit pour répondre aux besoins d’organisation, d’abord de la société rurale (contrainte des travaux agricoles), puis de la société industrielle. Les modifications introduites par la suite avaient pour objectif de mieux répondre aux innovations économiques et aux avancées des modes de vie (vacances, tourisme), sans faire fi du fonctionnement pédagogique propice à l’instruction.
Pour les chrono-biologistes ou les chrono-psychologues, l’aménagement du temps scolaire n’a de sens que s’il repose sur deux fondements : Il doit respecter l’alternance veille-sommeil
Une privation partielle de sommeil sur une seule nuit suffirait à perturber l’apprentissage des tâches les plus complexes. Les experts préconisent de respecter le rythme veille-sommeil de l’enfant, en facilitant l’accès à la sieste pour les plus petits (2 à 5 ans). Ils suggèrent de ne pas limiter la sieste aux enfants de petite section de maternelle ; les plus grands peuvent aussi en avoir besoin. Chez les enfants plus âgés (6–12 ans), les experts recommandent de veiller à une quantité de sommeil suffisante (9 heures à 10 ans) et à des horaires réguliers de coucher et de lever.
Il ne doit pas être à contretemps des rythmes biologiques de l’enfant élève
Aujourd’hui, les études menées en chrono-psychologie scolaire, montrent que l’activité intellectuelle des élèves fluctue au cours de la journée et aussi au cours de la semaine.
Quelque soit l’organisation de la semaine, les enfants ont du mal à reprendre un rythme « scolaire » et à se concentrer sur les apprentissages le lundi matin après la coupure du week-end. A l’échelle de la journée il est noté une élévation des performances au fil de la matinée, suivie d’une chute après le déjeuner, puis à nouveau d’une progression de la vigilance au cours de l’après-midi. Ainsi serait-il préférable de réserver les créneaux horaires définis comme étant les plus favorables (fin de matinée/ milieu d’après-midi), à des apprentissages nouveaux nécessitant de l’attention, et, à l’inverse, d’occuper les moments moins favorables à des activités d’entretien des connaissances ou à caractère plus ludique.
Que penser de la semaine de 4 jours ?
Dès sa création, la semaine de 4 jours a été unanimement décriée par les chrono-biologistes ; en voici les raisons :
Sans revoir les programmes, sans repenser les rythmes de la journée, cette semaine de 4 jours (longuement testée dans certaines écoles) induit des journées surchargées, source de fatigue pour les enfants, induisant des difficultés de concentration, d’acquisition, engendrant une chute des performances et renforçant l’échec scolaire. La semaine des quatre jours perturbe le rythme des enfants : la coupure du mercredi reconduit également, le jeudi, les difficultés rencontrées le lundi matin en particulier pour les élèves présentant des difficultés scolaires. Pour garder le volume d’heures d’enseignement annuel, il faut rogner sur les petites vacances ( dix jours au lieu de quinze). Or, pour qu’elles soient profitables, deux semaines consécutives de vacances sont nécessaires . Celles-ci doivent également être réparties de manière régulières : il faut sept semaines de classe et deux de repos. Lorsque la rentrée scolaire s’effectue au mois d’août , le premier trimestre devient beaucoup trop long. Enfin, la semaine de 4 jours fait apparaître un absentéisme important en particulier lors de la reprise des vacances écourtées.
Face à tous ces constats, les experts interrogés sur la semaine de 4 jours avaient jugé prudent de ne pas généraliser cette organisation . Et chez nos voisins européens ?
Chaque pays européen a adopté, pour ses jeunes élèves, un rythme scolaire différent. Le nombre annuel d’heures de cours et de semaine de cours est très variable.
Le plus souvent, La semaine de cours s’effectue :
soit sur 4,5 journées travaillées avec une répartition des cours de 8h à 16 ou 17 hs
soit sur 5 ou 6 jours travaillés avec une répartition des cours de 8h à 13 ou 14 heures.
Aucun pays d’Europe ne pratique la semaine de 4 jours.
Synthèse réalisée par la FCPE Viarmes, à partir de rapports publiés par de nombreux spécialistes du rythme de l’enfant et des rythmes scolaires : neurobiologistes, chrono-psychologues ,chrono-biologistes, épidémiologistes, psycho-physiologistes…
A lire : Rythmes de l’enfant : de l’horloge biologique aux rythmes scolaires . Etude Inserm publiée aux Editions Inserm, février 2001



Commentaires